Séminaire "Insurrections spirituelles"
Ce séminaire s'inscrit dans une recherche clinique, "Postrauma", dirigée par Rachida Brahim (sociologue et psychanalyste, titulaire de la Chaire de professeur junior « Minority Studies », LinCS - Unistra) en coopération avec Baptiste Lanaspeze (philosophe et éditeur), menée en partenariat avec l’Institut des savoirs ancestraux (LISA) et les éditions Wildproject, afin d’enquêter sur l’impact psychique des violences relatives aux rapports de domination (genre, classe, race) et sur les voies de réparation possibles. Dans une perspective critique féministe et décoloniale, il s’agit notamment de mener une analyse croisée des savoirs ancestraux animistes et des savoirs psychanalytiques afin de compléter nos connaissances sur la santé mentale face aux violences systémiques.
En Europe, les traditions pré-modernes considéraient la Terre comme un organisme nourricier, souvent doté de conscience. Cependant, l’ontologie qui a pris le dessus à partir du 16e siècle avec l’émergence de la science moderne a imposé l’idée d’une Terre qui serait une simple « machine », une nature morte et vide (Merchant 2021 [1984]). Les pensées de l’écologie, qui s’opposent à ce paradigme encore dominant, peuvent être considérées comme une résurgence des traditions pré-modernes et organicistes.
Nous enquêterons sur la notion d’âme dans différentes directions, tant vers les traditions philosophiques occidentales officielles (antiquité grecque et romaine) qu’en dehors de ces sentiers battus : par exemple dans les héritages mystiques des monothéismes, ou encore dans les traditions philosophiques indiennes antiques (Upanishad, Védas), ainsi que dans cette science ancestrale du ciel et de l’âme qu’est l’astrologie. Dans cette enquête, nous nous appuierons entre autres sur l’œuvre du psychanalyste Carl Gustav Jung et sur les pistes ouvertes par l’historien Theodore Roszak dans les années 1990 en écopsychologie.