École

Qu'est-ce que l'écologie ?

Est-ce une science ? Un mouvement de société ? Un parti politique ? Une révolution philosophique ? Une reconfiguration technique de notre rapport au monde ?

L'écologie, c'est tout cela à la fois. C'est une révolution culturelle, un changement cosmologique, une mue socio-politique, d'une ampleur inédite. Ni les scientifiques, ni les politiques, ni les militants, ni les philosophes n'en ont l'exclusivité.

Ainsi conçue, l'écologie n'est pas encore enseignée à l'école.

Le sera-t-elle un jour ?

Est-il souhaitable qu'elle le soit ?

Que serait une école écologique ?

Ces questions font l’objet, depuis 2025, d’une recherche-action dans le cadre d'un projet de recherche de l'université de Strasbourg (Unistra), qui doit déboucher en 2028 sur la création d'une École marseillaise d'écologie.

À l'école de l'écologie

Ce vaste mouvement culturel, né comme une science, devenu une lutte sociale et politique depuis les années 1960, puis un courant philosophique à partir des années 1980, nous ne l’avons pas nous-mêmes pas appris à l’école.

Nous nous y sommes initiés ici-même, dans cette maison – en construisant jour après jour, depuis quinze ans, le catalogue des éditions Wildproject.

Depuis le milieu des années 2010, les livres de ce catalogue sont entrés dans les bibliothèques universitaires et ne cessent d’infuser les contenus des enseignements.

Au sein de l’équipe, en lien permanent avec les autrices, les traductrices, les journalistes… – depuis 15 ans, chacun·e de nous est à la fois enseignant·et et enseigné·e. Comme le dit le pédagogue brésilien Paolo Freire, « nul n’éduque autrui, personne ne s’éduque tout seul, les gens s’éduquent les uns les autres par l’intermédiaire du monde ».

Les éditions Wildproject sont notre école : c’est ici que nous mettons à l’école de l’écologie.

Une école marseillaise d'écologie

Au fil de plusieurs expériences de formation que nous menons depuis quelques années en collaboration, notre école est en train de prendre forme.

Nous a laisser fleurir en dialogue avec notre milieu et avec les besoins que nous y rencontrons.

Ancrée à Marseille, notre école voudrait prendre en charge la question de la réparation, de la guérison, en partant des questions et des ressources que nous tend la ville – dans les domaines de l’urbanisme, de l’agriculture, du décolonial, de la médecine, de la psychiatrie, de l’océanologie, de la géologie, de l’ethnobotanique, de la sociologie, de la littérature, de l’histoire des sciences…

Située entre Nord et Sud, par-delà ville et nature, Marseille est une ville à la fois coloniale et colonisée. C’est aussi une capitale du « tiers-paysage » (Gilles Clément), ces espaces végétaux de friches aussi riches que non planifiés, qui peut être perçue au sein de l’espace national comme la plus ancienne ZAD de France (Alèssi dell’Umbria, 2005) ou encore comme « refuge bio-culturel » (Charles Stépanoff, 2024). La ville constitue pour nous à la fois un milieu de vie et un objet de recherche (voir la collection « À partir de Marseille »).

Notre école pratique l’écologie depuis Marseille ; et regarde Marseille au prisme de l’écologie.

Projets pédagogiques

Conférences, parcours de formations, publications, exposition… Depuis quelques années, nous déployons une série d’activités pédagogiques complémentaires, destinées à différents publics.

Conférences et ateliers d’initiation aux pensées de l’écologie
depuis 2018

À la demande de nombreuses universités, écoles d’architecture, écoles d’art, école de design, écoles de commerce, lycées, IUT, classes préparatoires, nous venons témoigner de notre pratique, présenter l’histoire de l’écologie, partager des outils de construction de cours en écologie…

Formations pour adultes au rayon Écologie
depuis 2021

Avec l’Association pour l’écologie du livre, nous avons créé et partagé une formation à l’écologie du livre : comment construire un bon rayon Écologie ? comment mieux comprendre la filière du livre, et contribuer à la rendre plus écologique ? (Format : 2 jours)

Manuel sur les pensées de l’écologie
2022

Pour les lycéen.nes et les enseignant.es des classes de terminales, mais aussi pour les étudiant.es et les curieu.ses, nous avons conçu et réalisé un manuel de philosophie de l’écologie.

Exposition et livre sur l’enseignement de l’écologie à l’université
depuis 2023

Après une enquête sur l’enseignement de l’écologie dans les mondes universitaires français, nous avons partagé les résultats dans une exposition qui circule dans les université, et un livre.

Formation pour adultes à l’écologie urbaine
depuis 2024

Avec l’Agence des sentiers et 5 structures militantes et institutionnelles en Belgique, France et Italie, nous avons contribué à une formation à la ville écologique de demain, en 4 langues, intitulée « Villes terrestres », qui a donné lieu à un manuel, une collection et à un jeu. (Format : 2 jours)

Unité d’enseignement (U.E.) sur les problèmes de la « transition écologique »
2025

Avec l’Agence française de développement, nous avons conçu et réalisé un parcours de formation d’un an, augmenté de nombreux outils pédagogiques, intitulé “Vers les sociétés écologiques de demain: les problèmes de la transition écologique”, en accès gratuit en ligne pour toutes et tous. Il sera transformé en mooc en 2026. (Format : 10 séances d’1h30 disponibles en ligne gratuitement)

Cours de master sur l’écologie décoloniale
2026

Au sein du master Ecopoétique et crétation d’Aix-Marseille Université, nous proposons un cours de 2 × 3h intitulé « L’écologie est-elle coloniale ou décoloniale ? ».

Enseigner la philosophie de l’écologie en Terminale
Depuis 2025

Avec plusieurs enseignant.es de philosophie en classe de terminale et en lien avec le collectif « Les Philosophes publics », nous menons depuis 2025 une série d’interventions dans des lycées marseillais (Lycée Nelson-Mandela, lycée Antonin-Artaud, lycée Thiers, lycée Victor-Hugo) en vue d’une meilleure intégration des pensées de l’écologie dans le corpus et les notions de la Terminale en France.

Séminaire "Insurrections spirituelles"

Ce séminaire s’inscrit dans une recherche clinique, « Postrauma », dirigée par Rachida Brahim (sociologue et psychanalyste, titulaire de la Chaire de professeur junior « Minority Studies », LinCS – Unistra) en coopération avec Baptiste Lanaspeze (philosophe et éditeur), menée en partenariat avec l’Institut des savoirs ancestraux (LISA) et les éditions Wildproject, afin d’enquêter sur l’impact psychique des violences relatives aux rapports de domination (genre, classe, race) et sur les voies de réparation possibles. Dans une perspective critique féministe et décoloniale, il s’agit notamment de mener une analyse croisée des savoirs ancestraux animistes et des savoirs psychanalytiques afin de compléter nos connaissances sur la santé mentale face aux violences systémiques.

En Europe, les traditions pré-modernes considéraient la Terre comme un organisme nourricier, souvent doté de conscience. Cependant, l’ontologie qui a pris le dessus à partir du 16e siècle avec l’émergence de la science moderne a imposé l’idée d’une Terre qui serait une simple « machine », une nature morte et vide (Merchant 2021 [1984]). Les pensées de l’écologie, qui s’opposent à ce paradigme encore dominant, peuvent être considérées comme une résurgence des traditions pré-modernes et organicistes.

Nous enquêterons sur la notion d’âme dans différentes directions, tant vers les traditions philosophiques occidentales officielles (antiquité grecque et romaine) qu’en dehors de ces sentiers battus : par exemple dans les héritages mystiques des monothéismes, ou encore dans les traditions philosophiques indiennes antiques (Upanishad, Védas), ainsi que dans cette science ancestrale du ciel et de l’âme qu’est l’astrologie. Dans cette enquête, nous nous appuierons entre autres sur l’œuvre du psychanalyste Carl Gustav Jung et sur les pistes ouvertes par l’historien Theodore Roszak dans les années 1990 en écopsychologie.

Apprendre en faisant

On apprend certes des choses à l’école. Mais on en apprend aussi beaucoup en dehors. On apprend en faisant, en conversant, en vivant, en faisant des erreurs.

L’école de Wildproject est tout le contraire d’une salle de classe.
C’est un territoire – urbain, portuaire, rural : celui de Marseille.
C’est un mouvement centenaire : celui de l’écologie.
C’est une pratique : celle des textes et des livres.
C’est un corpus : notre catalogue – notamment avec les manuels de notre collection de poche – et le catalogue des maisons amies.
C’est une conversation continue qui précède, prolonge et enveloppe tous ces textes.
C’est un projet chevillé au corps : la mise en œuvre des sociétés écologiques de demain.

Dans la mesure où elle veut relier pensée et pratique, cette école chercherait à s’articuler autant que possible à des actions concrètes pour améliorer notre milieu de vie (ateliers, chantiers…).

Ancrée dans les milieux marseillais, l’École marseillaise d’écologie explorerait plusieurs champs de recherche qui correspondent à des enjeux vitaux pour l’avenir du territoire ; et à chaque fois, autant que possible, dans des logiques de collaboration partenariale avec des structures locales spécialisées dans ces enjeux ou dédiées à l’enseignement et à la formation (Cité de l’Agriculture, Bureau des Guides du GR2013, Ecole nationale supérieure du paysage, Ecole d’architecture, Université populaire, associations et ONG locales…).

Nous avons en tête quelques modèles inspirants ou mythiques – comme l’université Shantiniketan fondée par Rabindranath Tagore au Bengale au début du 20e siècle, ou encore l’ « Earth University », située dans la vallée de Doon dans la région d’Uttarakhand, fondée par l’ONG Navdanya (« Neuf cultures ») fondée par Vandana Shiva ; ou encore « l’Université de la Terre » (aussi appelée « Centre indigène de formation intégrale » Cideci) née dans la mouvance de l’action de l’ancien évêque du Chiapas Samuel Ruiz ; ou plus près de nous, les « Reprises de savoirs », une initiative de chantiers collectifs dans une perspective d’autonomie politique et matérielle, organisés un peu partout en France depuis 2022.

Le collectif

Le collectif de l’école est constitué par l’équipe des éditions Wildproject: Gayané Zavatto, Clara Viau, Marin Schaffner, Baptiste Lanaspeze, Georgia Froman.

Apprenons ensemble

Nous développons tous nos projets de formation en partenariat avec des structures (associations, institutions publiques ou privées…) qui nous ont sollicité et fait confiance, notamment :
• Agence des Sentiers
• Association pour l’écologie du livre
• Cité de l’agriculture
• Bibliothèques départementales (05, 83, 84, …)
• Agence régionale du livre (Sud)
• Agence française de développement (AFD)
• Aix-Marseille Université (AMU)
• Université de Strasbourg (UNISTRA)
• Centre des politiques de la Terre
• Ministère des affaires étrangères / Institut français
• Territoires pionniers (Maison de l’architecture de Normandie)
• Lycée Antonin-Artaud (Marseille)

Si l’un de nos projets vous intéresse, ou si vous souhaitez inventer avec nous quelque chose qui soit adapté à vos besoins, contactez-nous à ecole@wildproject.org, nous serons heureu⸱ses d’échanger avec vous.

Formation professionnelle

En partenariat avec l’Agence des Sentiers, nous disposons de la certification Qualiopi.

Pour les salariés du privé, la formation peut ainsi bénéficier d’une prise en charge par votre OPCO (Opérateur de Compétence). Pour en savoir plus, veuillez-vous rapprocher du service responsable de la formation professionnelle au sein de la structure qui vous emploie.

Si vous avez un statut d’indépendant·e – profession libérale, un financement est également possible via le Fonds Interprofessionnel de Formation des Professionnels Libéraux