La Liberté dans l’évolution

Imanishi Kinji

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La Liberté dans l’évolution

Imanishi Kinji

Domaine sauvage

novembre 2015

978-2-918-490-524

192 pages

20 €

14 × 22 cm
Traduit du japonais par Augustin Berque

Peut-on réduire l’évolution du vivant aux mécanismes extérieurs de la « sélection ». L’évolution pourrait-elle être conçue, non comme un simple mécanisme, mais comme une initiative du vivant ?

À la fin d’une vie consacrée à l’étude de la nature, Imanishi examine et met au clair ses convictions sur l’évolution. En revendiquant pour le vivant la qualité de sujet, il choisit de s’opposer au dualisme néo-darwinien.

Pour Imanishi, il s’agit d’entrer dans le monde de chaque espèce, où elle forme avec son milieu une unité concrète qu’il appelle sumiwake, « écospécie ».

L’auteur

Entomologiste, primatologue, écologue, anthropologue, homme de terrain et grand alpiniste – il mena en 1952 une expédition au Manaslu, 8 152 m –, Imanishi Kinji (1902-1992) est le plus célèbre naturaliste japonais du 20e siècle.

Sommaire

1 Origines de la théorie de l’évolution. Lamarck et Darwin
Pour commencer
L’évolution chez Lamarck
La transmission des caractères acquis
À propos de la thèse de l’usage et du non-usage
Lamarck et Darwin sont de mèche
Débarrassons l’évolution du concept d’adaptation
Il est arrivé au darwinisme d’être ébranlé
La théorie des mutations
La dernière version de L’Origine des espèces et son explication

2 L’évolutionnisme non darwinien (I) La théorie de l’isolement
Pour commencer
La théorie de l’isolement de Wagner
La théorie de l’isolement, et ma théorie de l’écospécie
L’origine des espèces et l’écospécie

3 L’évolutionnisme non darwinien (II) La théorie de l’orthogenèse
Pour commencer
La théorie de l’orthogenèse et le lamarckisme
La théorie de l’orthogenèse et le darwinisme
La théorie de l’orthogenèse chez Eimer

4 L’évolution de l’espèce humaine comme étude de cas
Pour commencer
L’origine de la bipédie
L’origine du langage
Changer parce qu’il le fallait

« La mésologie d’Imanishi » par Augustin Berque

Bonus

Extrait

Quand on parle de la théorie de l’évolution, beaucoup de gens, même aujourd’hui, se figurent que c’est le darwinisme qui la représente, mais il doit quand même s’en trouver certains pour savoir que ce n’est pas le cas. Effectivement, jusqu’à nos jours, ont été proposées diverses théories de l’évolution. La théorie darwinienne, si l’on met à part sa célébrité, n’en est qu’une parmi beaucoup d’autres. Mais, si ce n’est pas dans le darwinisme lui-même que l’on peut chercher les racines de ma théorie de l’évolution, telle ou telle autre de ces théories ne pourrait-elle pas offrir ce que je n’ai pu trouver dans le darwinisme ? De nos jours encore, à en croire les biologistes qui se réclament de l’orthodoxie darwinienne, aucune autre théorie, si diverses soient-elles, ne serait en mesure de contester celle-ci, qu’ils tiennent pour la seule et authentique théorie de l’évolution, et qu’il ne serait plus temps de contester. Mais cela, ce n’est que ce qu’ils disent comme tenants de l’orthodoxie ; quelqu’un qui, comme moi, ne se prétend pas orthodoxe, n’a pas à les imiter. Si l’on part d’autres bases, quoi qu’en pensent les tenants de l’orthodoxie, on peut apprécier celle-ci autrement.

J’ai donc pensé que, si je voulais chercher les racines de ma théorie de l’évolution, quoi qu’en disent les orthodoxes, je ne devais pas me satisfaire de la rapporter au darwinisme, mais tenter également de la comparer à diverses autres théories de l’évolution ; observer une telle démarche était la moindre des choses pour un scientifique. À la réflexion, c’était une lourde tâche. Pénible déjà de lire L’Origine des espèces dans le texte original de Darwin, mais vouloir faire de même à propos de chacune des autres théories, c’était un programme interminable. Il s’y ajoutait que j’avais pratiquement perdu l’usage d’un oeil. Je devais donc absolument trouver un expédient.