Une fugue de Bach

Jean Salmona

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Une fugue de Bach

Jean Salmona

Tête nue

mars 2015

978-2-918-490-449

92 pages

10 €

13 × 20 cm

Par un matin de printemps, Jean-Sébastien Bach annonce à sa famille qu’il s’absente quelques semaines dans un pavillon de chasse, en Saxe, pour composer au calme. En réalité, il emmène avec lui Eva, une élève exceptionnellement douée, afin de lui transmettre sa science de la musique – et de la gastronomie.

Cette initiation musicale, esthétique et culinaire se prolonge pour devenir une éducation de la sensibilité et de tous les sens. Dieu et chair, corps et âme. Jusqu’où le maître pourra-t-il suivre sa disciple ?

L’auteur

Jean Salmona, musicien et gastronome, est issu d'une famille que l'Histoire a promenée de l'Espagne à la France en passant par l’Empire ottoman et la Grèce. Une fugue de Bach est son premier ouvrage.

On en parle

Un succulent récit initiatique qui nous montre un Bach à la fois charnel et mystique, grand esthète devant l’Éternel.

Franck Mallet, Classica

Bonus

La première page du livre

Le ciel de mai était sans nuages. Jean-Sébastien Bach sortit dans la cour torse nu. Il resta un instant immobile, le visage tourné vers le soleil, les yeux fermés, avant d’aller vers le puits, d’actionner la pompe et de se passer la tête sous l’eau. Après s’être séché et avoir enfilé une chemise apportée par la vieille Martha, il lança des cailloux aux vitres. La tête de Wilhem Friedemann apparut à une fenêtre du premier étage, puis, à une autre, celle de Carl Philipp Emanuel. Ce furent ensuite Johann Bernhard, Gottfried Heinrich, Catharina Dorothea, Christian Gottlieb et enfin le cousin Johann Heinrich. Bach leur cria de descendre en prenant les instruments.

Les enfants arrivèrent dans la cour en chemise. Bach distribua le violon, l’alto, le violoncelle, la viole de gambe, la trompette, la flûte, le hautbois. Il avait posé un clavicorde sur la margelle du puits et l’accorda rapidement. Puis il répartit sept tonalités différentes entre les musiciens et choisit pour luimême celle de mi bémol. Il imposa le silence d’un geste, battit deux fois deux temps, et ils attaquèrent une symphonie cacophonique qui emplit bientôt tout l’espace sonore de la cour. Bach jouait de la main gauche et, de la droite, marquait la mesure.